Projet d’éducation au numérique et aux médias « Réseaux sociaux et identité numérique » : le rôle de la créativité dans les processus de subjectivation et de projection chez les jeunes (et les moins jeunes) 2015/2016

L’émergence de l’outil numérique a considérablement modifié de nombreuses composantes de nos sociétés. Ce mouvement est maintenant définitivement lancé et il est difficile d’imaginer d’en arrêter ses évolutions. Il convient donc d’aborder avec volontarisme et discernement les problématiques inédites ou émergentes qui accompagnent les évolutions amenées par le numérique.

Le numérique en tant qu’outil, s’accompagne de deux notions essentielles que sont les contenus numériques et les usages numériques, pris eux-même comme des ensembles de pratiques socialisées. En ce qui concerne Internet, et plus particulièrement les réseaux sociaux, l’approche sociologique préconisée par Dominique Cardon19, nous permet de distinguer les enjeux complexes portés par la notion d’identité numérique, qui sous-tend également la notion de (e-)réputation dans le domaine des relations familiales, professionnelles et sociales. Cette notion d’identité numérique reste d’ailleurs très large. Ces « signes de soi », qui étaient plus faciles à distinguer avant l’émergence du Web et en particulier du Web 2.0, s’articulent désormais autour de deux tensions qui permettent de caractériser les transformations de l’individualisme contemporain qui peuvent s’appuyer également sur les principes d’individuation20 chers à Gilbert Simondon21.

Ces deux tensions peuvent s’articuler de la façon suivante

  • La première, que l’on peut définir comme celle des réseaux en « clair-obscur », se bâtit sur une construction d’un réseau relationnel constitué des gens connus dans « la vraie vie ». On cherche par ces réseaux à étendre son réseau relationnel
    « naturel », mais celui-ci reste ancré et articulé avec la vie réelle. Dans ce système communicationnel, la sociabilité, la conversation sont des éléments centraux.
  • Dans la seconde, la création de réseau relationnel se fait avec des gens qu’on ne connaît pas forcément, mais avec lesquels on partage un centre d’intérêt commun. Dans ce contexte, le contenu devient central et on peut donc échanger sur la base de ce contenu. On peut citer à titre d’exemple, des musiciens qui sur MySpace échangent des titres, des découvertes musicales, des choix esthétiques avec des personnes qu’ils ne connaissent pas directement et qui ont pour point commun l’attirance pour des groupes, des styles de musique.

D’une manière générale, on peut admettre que derrière l’utilisation des réseaux sociaux se profile un ressort social important qui se structure autour de l’idée de fabriquer une identité ET de la faire reconnaître. Ce principe de reconnaissance est essentiel et il est différencié dans les relations qu’une personne peut avoir avec sa famille, avec son contexte professionnel, avec l’espace public ou dans l’expression dans des forums de toute forme. Cet ensemble défini des individus à facettes multiples qui attendent des retours, des réponses multiples qui impliquent que ce système de reconnaissance doit être ajusté.

Le présent projet propose un ensemble d’actions autour de ces questions qui s’incluront dans un dispositif plus large porté par l’Espace Mendès France pour 2015 et 2016 et intitulé « citoyenneté et numérique ».

Les moyens d’actions s’articuleront autour d’une exposition « Unlike » qui utilise Facebook comme matière et support d’une forme d’art qui existe autant dans le domaine du web-art que celui de l’espace physique.

Des ateliers en direction des jeunes, mais également des parents, des rencontres (conférences, journée d’étude) avec des chercheurs en science de l’éducation, des artistes, des sociologues et anthropologues, des présentation d’installations avec des artistes et collectifs régionaux et nationaux seront organisées dans un rayonnement local (Poitiers, Grand Poitiers), mais également régional (La Rochelle, Cognac, Barbezieux, Saintes, Angoulême…). Ces propositions de médiation active prennent en compte et accompagnent les pratiques numériques des jeunes. Il s’agit également de favoriser la dimension d’éducation aux médias en considérant le web comme support de diffusion, mais aussi de réalisation de production personnelle dans le domaine de l’image, de la vidéo et du son. La présentation d’œuvre d’artistes et leur présence permet d’interroger en profondeur le sens de ces démarches et d’offrir ainsi des clés de compréhension pour situer, interroger sa propre identité numérique et par voie de répercutions son identité dans le « monde réel »

La fabrique et la reconnaissance de l’identité numérique

Nous avons déjà évoqué ces deux principales articulations qui sont convoquées dans la constitution de l’identité numérique. Toujours attaché à ce principe d’individuation, et pas seulement dans l’individualisme forcené, la nécessité de l’identité numérique est un des signes forts des transformations de nos sociétés qui favorisent la mise en avant de la singularité de l’individu. Ce processus passe par un effet de boucles réitératives qui se jouent entre l’identité d’un individu et sa projection dans la sphère numérique. Cet effet permet de construire un présent réel du projet, mais également un futur devenir possible de l’individu. Il s’agit alors de construire une réputation qui peut être objective, mais également fantasmée. Et il n’est pas totalement irréaliste de considérer d’ailleurs que nos identités sont constituées de ces différentes strates qui s’entremêlent pour constituer une identité numérique multidimensionnelle.

Les principes d’extériorisation du soi, que les sociologues définissent, comme nous l’avons déjà vu, comme subjectivation, passent par une capacité d’auto-définition de soi-même qui s’appuie sur des valeurs absolues (ma date et mon lieu de naissance, par exemple), mais également sur des critères beaucoup plus subjectifs qui attendent validation ou infirmation de la part des personnes avec lesquelles je vais tenter de mettre en place une relation. Ces projections vers autrui, qui peuvent être des simulations de soi-même, permettent d’exprimer une partie ou une potentialité de soi.

Cet ensemble génère lui-même de la production de formes et de protocoles (certains parleront de codes) que l’on retrouve de manière générale dans les critères de l’industrie culturelle22 qui constitue le fer de lance de la politique culturelle de l’Europe. Cette dynamique s’appuie sur cette transformation profonde liée aux usages « innovants » du numérique23 en valorisant les processus de créativité, de partage de la création, et d’imagination qui constituent un socle dans le cadre des pratiques professionnelles et qui se retrouvent de manière plus diffuse dans les pratiques amateurs. Cela ne veut pas dire que ces deux types de pratiques cohabitent de manière naturelle ou institutionnelle (en intégrant une nécessaire définition de ce qu’on entend par pratiques amateurs ou même amateur), mais on est plus sur un processus de superposition qui valorise/favorise des principes de créativité, même si ceux ceux ci passe parfois par des démarches de reproduction ou de « remix » où la valeur ajoutée artistique peut rester faible (voire très faible).

C’est ainsi que la prolifération de la forme photographique, et dont la vidéo est une partie intégrante, permet de contribuer à la « protocolisation de soi ». Les usagers des réseaux sociaux créaient ainsi des collections qui intègrent elles-mêmes des protocoles qui définissent celles-ci et qui s’agrègent autour de centres d’intérêt communs (le selfie sous toutes ses déclinaisons en est un exemple parmi beaucoup d’autres).

De tels assemblages donnent une valeur à un environnement ou à une façon de vivre. Ils contribuent à une création de soi dans un ensemble de productions de signes visibles et identifiables (des selfies accompagnés d’œuvres d’art dans les musées (et quand ils restent autorisés, des vidéos de 6 secondes (Vine sur Twitter), de photographies de repères visuels ou usuels dans des villes du monde entier, ou des même de plateaux repas dans les avions, ou autres modes de transport …. Derrière ce principe de collection se profilent également un processus d’écriture, de création de récits qui constitue une forme d’éditorialisation de sa propre vie, de sa propre manière de faire et d’évoluer.

Au-delà d’une esthétique artistique, les réseaux sociaux, sous toutes leurs formes, donnent la possibilité d’observer une esthétique de comportement social, une esthétique de comportement politique, qui peut contribuer elle-même à la vision d’un Internet démocratique.

Nous pouvons citer à ce titre la notion de trace sur internet dont une des plus extrême, et pourtant bien réelle, concerne les traces laissées sur le réseau par une personne décédée. Et la notion de « look back »24 qui s’appuie sur l’idée d’un flashback de toute une vie laissée sur un réseau social25. Au delà de ce cas particulier, on peut citer des propositions qui nous interrogent tous sur notre rapport quotidien à ces nouvelles technologies et de manière précise, les données qui constituent notre environnement numérique et qui imprègnent nos vies sans même que l’on s’en rende compte. Cela peut être rendu visible par le citoyen en utilisant des applications (libres) de tracking26 qui permettent de gérer « démocratiquement » sa politique de gestion des données personnelles (informations anonymes, sécurisées et transmises à aucun annonceur). Une proposition très récente comme « do not track »27 permet de développer une approche pédagogique très pertinente afin de comprendre les enjeux de cet ensemble, et même au-delà afin de former des citoyens numériques avertis. Cette série documentaire personnalisée explore les différentes manières dont le Web moderne enregistre et traque nos activités, nos publications et nos identités. Pour vous aider à comprendre comment vos informations sont utilisées et collectées…

Cette présentation forcément superficielle permet de poser le socle de débats envisageables qui vont orienter ce dossier et aider à construire des propositions contribuant à une éducation aux médias sous l’angle particulier des productions réalisées avec les réseaux sociaux. Il nous semble donc intéressant et dans la logique de cette analyse de pouvoir proposer des approches artistiques sous la forme d’une exposition et de rencontres avec les artistes, mais également de pouvoir organiser des conférences et une journée d’étude avec des chercheurs, des universitaires et des activistes de ces mouvements. Des ateliers de sensibilisation ou de recherches permettront de compléter ce dispositif à l’échelle de la région Poitou-Charentes.

 

Notes

  1. Dominique Cardon : Sociologue, chercheur au laboratoire des usages d’Orange Labs et au Centre d’études des mouvements sociaux (EHESS).
  2. Pour le philosophe Gilbert Simondon, l’individuation se joue sur trois niveaux : psychique, collectif et technique et désormais le numérique y intervient de manière de plus en plus diffuse.
  3. Gilbert Simondon (1924-1989), philosophe français aussi mystérieux qu’important, est de ceux qui, selon la formule, « ont eu tort d’avoir raison trop tôt ». Penseur de la technique et du devenir, il a créé dans les années 1960 des concepts pour dire notre monde. Son langage résonne avec les plus utopiques des propositions contemporaines en faveur d’un nouveau pacte entre nature et technologie. Lu à son époque par quelques proches seulement, dont Gilles Deleuze, il est désormais traduit à travers le monde. Il a enseigné au lycée de Tours à partir de 1948 (après les années d’études à l’École normale supérieure et l’agrégation de philosophie) et à la faculté de Poitiers, juste avant d’être nommé à la Sorbonne en 1963.
  4. Kulturindustrie (1947) par Adorno et Horkheimer : les industries culturelles, qu’il ne faut pas confondre avec les cultures de masse, non seulement détruisent ce qu’est la culture réelle – Adorno et Horkheimer parlent de « dépravation de la culture » –, mais en plus soumettent les individus à une production uniformisée, futile et sans surprise. L’émergence de la rationalité technique, expliquent-ils, a conduit à une rationalité de la domination.
  5. Programme Europe Créative 2014/2020 http://www.europecreativefrance.eu/
  6. 2,89 millions : c’est l’estimation du nombre de personnes inscrites sur Facebook décédées en 2012. Une statistique on ne peut plus concrète pour Mark Zuckerberg, pour qui cela représente un vrai problème mais aussi des opportunités.
  7. http://www.sens-public.org/spip.php?article1011 Exister donc signifie être visible et mourir devenir invisible. Sur le web, cette incontestable dichotomie assume des traits bien différents. Agir et être présent, être-dans-le-monde-numérique (pour employer les tirets chers à Heidegger), signifie se rendre visible, mais aussi lisible. On ne peut pas exister sur le web sans accéder à une visibilité qui n’est pas secondaire à quelque chose d’autre : ce qui existe sur le web existe puisqu’il est visible et lisible, il occupe un espace sur la surface de mon écran, donc il est là.
  8. Le Tracking est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour poursuivre les internautes et noter leurs moindres faits et gestes afin d’établir leurs profils (et pas seulement de consommateur). Le tracking précède donc de quelques secondes le ciblage comportemental et le profiling qui sont établis en temps réel !
  9. https://donottrack-doc.com/fr/episode/5 un projet produit et réalisé des diffuseurs publics, des journalistes, des développeurs, des graphistes et des membres de médias indépendants de différentes régions du monde : Upian (société de production basée à Paris), l’Office national du film (Canada), Arte (chaîne de télévision publique franco-allemande), Bayerischer Rundfunk (diffuseur public allemand du groupe ARD), Radio-Canada (diffuseur public canadien), la Radio Télévision Suisse (diffuseur publique suisse) et AJ+ (application mobile du service de l’innovation d’Al-Jazeera).
  10. Dominique Cardon : Sociologue, chercheur au laboratoire des usages d’Orange Labs et au Centre d’études des mouvements sociaux (EHESS).
  11. Pour le philosophe Gilbert Simondon, l’individuation se joue sur trois niveaux : psychique, collectif et technique et désormais le numérique y intervient de manière de plus en plus diffuse.
  12. Gilbert Simondon (1924-1989), philosophe français aussi mystérieux qu’important, est de ceux qui, selon la formule, « ont eu tort d’avoir raison trop tôt ». Penseur de la technique et du devenir, il a créé dans les années 1960 des concepts pour dire notre monde. Son langage résonne avec les plus utopiques des propositions contemporaines en faveur d’un nouveau pacte entre nature et technologie. Lu à son époque par quelques proches seulement, dont Gilles Deleuze, il est désormais traduit à travers le monde. Il a enseigné au lycée de Tours à partir de 1948 (après les années d’études à l’École normale supérieure et l’agrégation de philosophie) et à la faculté de Poitiers, juste avant d’être nommé à la Sorbonne en 1963.
  13. Kulturindustrie (1947) par Adorno et Horkheimer : les industries culturelles, qu’il ne faut pas confondre avec les cultures de masse, non seulement détruisent ce qu’est la culture réelle – Adorno et Horkheimer parlent de « dépravation de la culture » –, mais en plus soumettent les individus à une production uniformisée, futile et sans surprise. L’émergence de la rationalité technique, expliquent-ils, a conduit à une rationalité de la domination.
  14. Programme Europe Créative 2014/2020 http://www.europecreativefrance.eu/
  15. 2,89 millions : c’est l’estimation du nombre de personnes inscrites sur Facebook décédées en 2012. Une statistique on ne peut plus concrète pour Mark Zuckerberg, pour qui cela représente un vrai problème mais aussi des opportunités.
  16. http://www.sens-public.org/spip.php?article1011 Exister donc signifie être visible et mourir devenir invisible. Sur le web, cette incontestable dichotomie assume des traits bien différents. Agir et être présent, être-dans-le-monde-numérique (pour employer les tirets chers à Heidegger), signifie se rendre visible, mais aussi lisible. On ne peut pas exister sur le web sans accéder à une visibilité qui n’est pas secondaire à quelque chose d’autre : ce qui existe sur le web existe puisqu’il est visible et lisible, il occupe un espace sur la surface de mon écran, donc il est là.
  17. Le Tracking est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour poursuivre les internautes et noter leurs moindres faits et gestes afin d’établir leurs profils (et pas seulement de consommateur). Le tracking précède donc de quelques secondes le ciblage comportemental et le profiling qui sont établis en temps réel !
  18. https://donottrack-doc.com/fr/episode/5 un projet produit et réalisé des diffuseurs publics, des journalistes, des développeurs, des graphistes et des membres de médias indépendants de différentes régions du monde : Upian (société de production basée à Paris), l’Office national du film (Canada), Arte (chaîne de télévision publique franco-allemande), Bayerischer Rundfunk (diffuseur public allemand du groupe ARD), Radio-Canada (diffuseur public canadien), la Radio Télévision Suisse (diffuseur publique suisse) et AJ+ (application mobile du service de l’innovation d’Al-Jazeera).
  19. Dominique Cardon : Sociologue, chercheur au laboratoire des usages d’Orange Labs et au Centre d’études des mouvements sociaux (EHESS).
  20. Pour le philosophe Gilbert Simondon, l’individuation se joue sur trois niveaux : psychique, collectif et technique et désormais le numérique y intervient de manière de plus en plus diffuse.
  21. Gilbert Simondon (1924-1989), philosophe français aussi mystérieux qu’important, est de ceux qui, selon la formule, « ont eu tort d’avoir raison trop tôt ». Penseur de la technique et du devenir, il a créé dans les années 1960 des concepts pour dire notre monde. Son langage résonne avec les plus utopiques des propositions contemporaines en faveur d’un nouveau pacte entre nature et technologie. Lu à son époque par quelques proches seulement, dont Gilles Deleuze, il est désormais traduit à travers le monde. Il a enseigné au lycée de Tours à partir de 1948 (après les années d’études à l’École normale supérieure et l’agrégation de philosophie) et à la faculté de Poitiers, juste avant d’être nommé à la Sorbonne en 1963.
  22. Kulturindustrie (1947) par Adorno et Horkheimer : les industries culturelles, qu’il ne faut pas confondre avec les cultures de masse, non seulement détruisent ce qu’est la culture réelle – Adorno et Horkheimer parlent de « dépravation de la culture » –, mais en plus soumettent les individus à une production uniformisée, futile et sans surprise. L’émergence de la rationalité technique, expliquent-ils, a conduit à une rationalité de la domination.
  23. Programme Europe Créative 2014/2020 http://www.europecreativefrance.eu/
  24. 2,89 millions : c’est l’estimation du nombre de personnes inscrites sur Facebook décédées en 2012. Une statistique on ne peut plus concrète pour Mark Zuckerberg, pour qui cela représente un vrai problème mais aussi des opportunités.
  25. http://www.sens-public.org/spip.php?article1011 Exister donc signifie être visible et mourir devenir invisible. Sur le web, cette incontestable dichotomie assume des traits bien différents. Agir et être présent, être-dans-le-monde-numérique (pour employer les tirets chers à Heidegger), signifie se rendre visible, mais aussi lisible. On ne peut pas exister sur le web sans accéder à une visibilité qui n’est pas secondaire à quelque chose d’autre : ce qui existe sur le web existe puisqu’il est visible et lisible, il occupe un espace sur la surface de mon écran, donc il est là.
  26. Le Tracking est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour poursuivre les internautes et noter leurs moindres faits et gestes afin d’établir leurs profils (et pas seulement de consommateur). Le tracking précède donc de quelques secondes le ciblage comportemental et le profiling qui sont établis en temps réel !
  27. https://donottrack-doc.com/fr/episode/5 un projet produit et réalisé des diffuseurs publics, des journalistes, des développeurs, des graphistes et des membres de médias indépendants de différentes régions du monde : Upian (société de production basée à Paris), l’Office national du film (Canada), Arte (chaîne de télévision publique franco-allemande), Bayerischer Rundfunk (diffuseur public allemand du groupe ARD), Radio-Canada (diffuseur public canadien), la Radio Télévision Suisse (diffuseur publique suisse) et AJ+ (application mobile du service de l’innovation d’Al-Jazeera).
  28. Dominique Cardon : Sociologue, chercheur au laboratoire des usages d’Orange Labs et au Centre d’études des mouvements sociaux (EHESS).
  29. Pour le philosophe Gilbert Simondon, l’individuation se joue sur trois niveaux : psychique, collectif et technique et désormais le numérique y intervient de manière de plus en plus diffuse.
  30. Gilbert Simondon (1924-1989), philosophe français aussi mystérieux qu’important, est de ceux qui, selon la formule, « ont eu tort d’avoir raison trop tôt ». Penseur de la technique et du devenir, il a créé dans les années 1960 des concepts pour dire notre monde. Son langage résonne avec les plus utopiques des propositions contemporaines en faveur d’un nouveau pacte entre nature et technologie. Lu à son époque par quelques proches seulement, dont Gilles Deleuze, il est désormais traduit à travers le monde. Il a enseigné au lycée de Tours à partir de 1948 (après les années d’études à l’École normale supérieure et l’agrégation de philosophie) et à la faculté de Poitiers, juste avant d’être nommé à la Sorbonne en 1963.
  31. Kulturindustrie (1947) par Adorno et Horkheimer : les industries culturelles, qu’il ne faut pas confondre avec les cultures de masse, non seulement détruisent ce qu’est la culture réelle – Adorno et Horkheimer parlent de « dépravation de la culture » –, mais en plus soumettent les individus à une production uniformisée, futile et sans surprise. L’émergence de la rationalité technique, expliquent-ils, a conduit à une rationalité de la domination.
  32. Programme Europe Créative 2014/2020 http://www.europecreativefrance.eu/
  33. 2,89 millions : c’est l’estimation du nombre de personnes inscrites sur Facebook décédées en 2012. Une statistique on ne peut plus concrète pour Mark Zuckerberg, pour qui cela représente un vrai problème mais aussi des opportunités.
  34. http://www.sens-public.org/spip.php?article1011 Exister donc signifie être visible et mourir devenir invisible. Sur le web, cette incontestable dichotomie assume des traits bien différents. Agir et être présent, être-dans-le-monde-numérique (pour employer les tirets chers à Heidegger), signifie se rendre visible, mais aussi lisible. On ne peut pas exister sur le web sans accéder à une visibilité qui n’est pas secondaire à quelque chose d’autre : ce qui existe sur le web existe puisqu’il est visible et lisible, il occupe un espace sur la surface de mon écran, donc il est là.
  35. Le Tracking est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour poursuivre les internautes et noter leurs moindres faits et gestes afin d’établir leurs profils (et pas seulement de consommateur). Le tracking précède donc de quelques secondes le ciblage comportemental et le profiling qui sont établis en temps réel !
  36. https://donottrack-doc.com/fr/episode/5 un projet produit et réalisé des diffuseurs publics, des journalistes, des développeurs, des graphistes et des membres de médias indépendants de différentes régions du monde : Upian (société de production basée à Paris), l’Office national du film (Canada), Arte (chaîne de télévision publique franco-allemande), Bayerischer Rundfunk (diffuseur public allemand du groupe ARD), Radio-Canada (diffuseur public canadien), la Radio Télévision Suisse (diffuseur publique suisse) et AJ+ (application mobile du service de l’innovation d’Al-Jazeera).
  37. Dominique Cardon : Sociologue, chercheur au laboratoire des usages d’Orange Labs et au Centre d’études des mouvements sociaux (EHESS).
  38. Pour le philosophe Gilbert Simondon, l’individuation se joue sur trois niveaux : psychique, collectif et technique et désormais le numérique y intervient de manière de plus en plus diffuse.
  39. Gilbert Simondon (1924-1989), philosophe français aussi mystérieux qu’important, est de ceux qui, selon la formule, « ont eu tort d’avoir raison trop tôt ». Penseur de la technique et du devenir, il a créé dans les années 1960 des concepts pour dire notre monde. Son langage résonne avec les plus utopiques des propositions contemporaines en faveur d’un nouveau pacte entre nature et technologie. Lu à son époque par quelques proches seulement, dont Gilles Deleuze, il est désormais traduit à travers le monde. Il a enseigné au lycée de Tours à partir de 1948 (après les années d’études à l’École normale supérieure et l’agrégation de philosophie) et à la faculté de Poitiers, juste avant d’être nommé à la Sorbonne en 1963.
  40. Kulturindustrie (1947) par Adorno et Horkheimer : les industries culturelles, qu’il ne faut pas confondre avec les cultures de masse, non seulement détruisent ce qu’est la culture réelle – Adorno et Horkheimer parlent de « dépravation de la culture » –, mais en plus soumettent les individus à une production uniformisée, futile et sans surprise. L’émergence de la rationalité technique, expliquent-ils, a conduit à une rationalité de la domination.
  41. Programme Europe Créative 2014/2020 http://www.europecreativefrance.eu/
  42. 2,89 millions : c’est l’estimation du nombre de personnes inscrites sur Facebook décédées en 2012. Une statistique on ne peut plus concrète pour Mark Zuckerberg, pour qui cela représente un vrai problème mais aussi des opportunités.
  43. http://www.sens-public.org/spip.php?article1011 Exister donc signifie être visible et mourir devenir invisible. Sur le web, cette incontestable dichotomie assume des traits bien différents. Agir et être présent, être-dans-le-monde-numérique (pour employer les tirets chers à Heidegger), signifie se rendre visible, mais aussi lisible. On ne peut pas exister sur le web sans accéder à une visibilité qui n’est pas secondaire à quelque chose d’autre : ce qui existe sur le web existe puisqu’il est visible et lisible, il occupe un espace sur la surface de mon écran, donc il est là.
  44. Le Tracking est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour poursuivre les internautes et noter leurs moindres faits et gestes afin d’établir leurs profils (et pas seulement de consommateur). Le tracking précède donc de quelques secondes le ciblage comportemental et le profiling qui sont établis en temps réel !
  45. https://donottrack-doc.com/fr/episode/5 un projet produit et réalisé des diffuseurs publics, des journalistes, des développeurs, des graphistes et des membres de médias indépendants de différentes régions du monde : Upian (société de production basée à Paris), l’Office national du film (Canada), Arte (chaîne de télévision publique franco-allemande), Bayerischer Rundfunk (diffuseur public allemand du groupe ARD), Radio-Canada (diffuseur public canadien), la Radio Télévision Suisse (diffuseur publique suisse) et AJ+ (application mobile du service de l’innovation d’Al-Jazeera).
  46. Dominique Cardon : Sociologue, chercheur au laboratoire des usages d’Orange Labs et au Centre d’études des mouvements sociaux (EHESS).
  47. Pour le philosophe Gilbert Simondon, l’individuation se joue sur trois niveaux : psychique, collectif et technique et désormais le numérique y intervient de manière de plus en plus diffuse.
  48. Gilbert Simondon (1924-1989), philosophe français aussi mystérieux qu’important, est de ceux qui, selon la formule, « ont eu tort d’avoir raison trop tôt ». Penseur de la technique et du devenir, il a créé dans les années 1960 des concepts pour dire notre monde. Son langage résonne avec les plus utopiques des propositions contemporaines en faveur d’un nouveau pacte entre nature et technologie. Lu à son époque par quelques proches seulement, dont Gilles Deleuze, il est désormais traduit à travers le monde. Il a enseigné au lycée de Tours à partir de 1948 (après les années d’études à l’École normale supérieure et l’agrégation de philosophie) et à la faculté de Poitiers, juste avant d’être nommé à la Sorbonne en 1963.
  49. Kulturindustrie (1947) par Adorno et Horkheimer : les industries culturelles, qu’il ne faut pas confondre avec les cultures de masse, non seulement détruisent ce qu’est la culture réelle – Adorno et Horkheimer parlent de « dépravation de la culture » –, mais en plus soumettent les individus à une production uniformisée, futile et sans surprise. L’émergence de la rationalité technique, expliquent-ils, a conduit à une rationalité de la domination.
  50. Programme Europe Créative 2014/2020 http://www.europecreativefrance.eu/
  51. 2,89 millions : c’est l’estimation du nombre de personnes inscrites sur Facebook décédées en 2012. Une statistique on ne peut plus concrète pour Mark Zuckerberg, pour qui cela représente un vrai problème mais aussi des opportunités.
  52. http://www.sens-public.org/spip.php?article1011 Exister donc signifie être visible et mourir devenir invisible. Sur le web, cette incontestable dichotomie assume des traits bien différents. Agir et être présent, être-dans-le-monde-numérique (pour employer les tirets chers à Heidegger), signifie se rendre visible, mais aussi lisible. On ne peut pas exister sur le web sans accéder à une visibilité qui n’est pas secondaire à quelque chose d’autre : ce qui existe sur le web existe puisqu’il est visible et lisible, il occupe un espace sur la surface de mon écran, donc il est là.
  53. Le Tracking est l’ensemble des moyens mis en œuvre pour poursuivre les internautes et noter leurs moindres faits et gestes afin d’établir leurs profils (et pas seulement de consommateur). Le tracking précède donc de quelques secondes le ciblage comportemental et le profiling qui sont établis en temps réel !
  54. https://donottrack-doc.com/fr/episode/5 un projet produit et réalisé des diffuseurs publics, des journalistes, des développeurs, des graphistes et des membres de médias indépendants de différentes régions du monde : Upian (société de production basée à Paris), l’Office national du film (Canada), Arte (chaîne de télévision publique franco-allemande), Bayerischer Rundfunk (diffuseur public allemand du groupe ARD), Radio-Canada (diffuseur public canadien), la Radio Télévision Suisse (diffuseur publique suisse) et AJ+ (application mobile du service de l’innovation d’Al-Jazeera).